Agir pour un meilleur accès aux soins en zone frontalière

Le 3 octobre dernier, j’ai cosigné avec plusieurs parlementaires de l’Ain et de la Haute-Savoie un courrier adressé à la ministre de la Santé et de l’Accès aux soins Catherine Vautrin. Cette démarche, initiée notamment par Olga Givernet, députée de l’Ain, vise à rappeler l’urgence de trouver des réponses adaptées aux défis spécifiques que connaissent nos territoires frontaliers avec la Suisse.

Dans le Genevois français comme dans d’autres zones frontalières, les habitants se heurtent à une réalité particulièrement difficile : le coût de la vie y est plus élevé, les personnels de santé se font rares et les structures adaptées manquent cruellement. La proximité avec la métropole genevoise, qui attire de nombreux soignants formés en France, accentue ces déséquilibres et contribue à la désertification médicale. Cette situation menace directement l’égalité d’accès aux soins pour nos concitoyens.

Par ce courrier, nous appelons la ministre à faire du territoire frontalier un véritable laboratoire d’innovation en matière de santé. Nous proposons de reconnaître le Genevois français comme territoire d’expérimentation, de créer un groupement local de coopération transfrontalière dédié à la santé, de renforcer les conventions déjà existantes avec les Hôpitaux universitaires de Genève, mais aussi d’envisager des dispositifs permettant un partage d’activité des soignants entre nos deux pays et un financement conjoint des instituts de formation en soins infirmiers. Il nous semble également nécessaire d’étudier l’utilisation de la compensation financière genevoise, afin qu’elle puisse contribuer concrètement à améliorer l’accès aux soins côté français.

Toutes ces pistes s’inscrivent dans la perspective du colloque franco-suisse sur les ressources humaines du secteur de la santé, qui se tiendra le 18 octobre au ministère, en présence des autorités helvétiques. Ce rendez-vous doit être l’occasion de franchir une nouvelle étape dans la coopération sanitaire entre nos deux pays et de poser les bases de solutions pérennes.

Je suis convaincue que la proximité avec la Suisse ne doit pas être vécue comme un handicap, mais comme une opportunité pour inventer de nouveaux modèles. Les services publics doivent s’adapter à la réalité de chaque territoire. C’est dans cet esprit que je resterai pleinement mobilisée, avec mes futurs collègues parlementaires, pour garantir à chacun un accès équitable aux soins, de part et d’autre de la frontière.