Le 13 février, en Commission des Affaires étrangères, j’ai interrogé Benjamin Haddad, ministre délégué en charge de l’Europe, sur un enjeu crucial : la multiplication des ingérences étrangères dans nos processus démocratiques.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les tentatives d’influence sur la vie politique européenne se renforcent. Certaines sont visibles et assumées – comme les interventions d’Elon Musk au Royaume-Uni en soutien au British National Party ou en Allemagne auprès de l’AfD. D’autres sont plus insidieuses, menées par des puissances hostiles comme la Russie, ou par des pays inattendus, à l’image de l’Azerbaïdjan avec des soupçons récents d’ingérence en Nouvelle-Calédonie.
Ces attaques visent directement la stabilité de nos institutions et la liberté de nos choix démocratiques. Elles exploitent notre ouverture et la vitalité de nos débats pour fragiliser la cohésion européenne.
Or, les réponses ponctuelles – comme l’interdiction temporaire de certaines applications – apparaissent largement insuffisantes face à des menaces systémiques et organisées. C’est pourquoi j’ai plaidé pour une action forte et coordonnée :
- Renforcer nos institutions et nos outils numériques afin de mieux détecter et contrer les campagnes hostiles ;
- Élargir et consolider notre cadre juridique, à l’échelle nationale comme européenne, pour protéger le cœur de nos démocraties ;
- Hausser le ton vis-à-vis de nos alliés et partenaires, pour rappeler que l’Europe n’est pas seulement un marché mais une puissance politique capable de se faire respecter ;
- Construire une véritable réponse diplomatique collective européenne, qui implique à la fois les grands pays fondateurs et ceux dont les intérêts immédiats peuvent diverger, comme la Hongrie ou la Pologne.
J’ai rappelé que nous disposons déjà des talents, des outils juridiques et des capacités nécessaires. Il nous manque désormais la volonté collective d’agir pour passer d’une posture défensive à une posture offensive.
La réponse du ministre
Dans sa réponse, Benjamin Haddad a confirmé la mobilisation du gouvernement français face à ces menaces. Il a insisté sur plusieurs axes :
- Le renforcement de la coopération européenne, indispensable pour mutualiser les informations, identifier rapidement les campagnes de désinformation et y répondre efficacement ;
- Le rôle moteur de la France dans la construction d’un cadre juridique européen, afin de sanctionner les acteurs des ingérences et de mieux protéger les processus électoraux ;
- Le dialogue avec les grandes plateformes numériques, qui doivent être davantage responsabilisées sur la transparence de leurs algorithmes, le retrait des contenus manipulatoires et la lutte contre la désinformation ;
- Une approche diplomatique ferme et concertée, pour répondre directement aux États qui cherchent à déstabiliser l’Union européenne et ses États membres.
Le ministre a rappelé que la France poursuivra ses efforts pour défendre nos démocraties contre ces attaques systémiques, en portant haut et fort au niveau européen une ligne de fermeté et d’unité.



