Fin de vie : pour une réponse humaine à toutes les souffrances

À l’Assemblée nationale, nous examinons la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Ce débat, sensible et attendu depuis longtemps, touche à l’essentiel : la dignité de chacun face à la souffrance et à la fin de vie.

J’ai défendu un amendement visant à élargir le champ de ce droit aux personnes âgées souffrant de multimorbidités invalidantes – c’est-à-dire le cumul de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, obésité, troubles musculo-squelettiques, perte de mobilité, etc.) qui dégradent profondément et de manière irréversible la qualité de vie, sans pour autant engager immédiatement le pronostic vital.

Ces patients, pleinement conscients et lucides, se retrouvent parfois dans une existence marquée par une succession de souffrances physiques et psychologiques, au point de perdre tout sens à leur vie quotidienne. Aujourd’hui, ils n’ont d’autre choix que de subir cette détresse dans la durée.

Inspirons-nous du modèle suisse

En Suisse, le suicide assisté est encadré depuis longtemps. Il ne s’agit pas d’euthanasie – qui n’existe pas dans ce pays – mais d’une démarche où la personne, en toute conscience et discernement, accomplit elle-même l’acte final, accompagnée et soutenue dans un cadre juridique et médical strict.

Je suis opposée à l’euthanasie, c’est-à-dire à l’administration d’une substance létale par un tiers, y compris un professionnel de santé, lorsque la personne est en mesure d’accomplir le geste elle-même. Le respect de l’autonomie et de la volonté individuelle doit rester au cœur de notre réflexion.

Ouvrir le débat pour inclure toutes les souffrances

Je continuerai de porter cette voix : celle des personnes qui, sans voir leur pronostic vital engagé, vivent un calvaire quotidien lié à des pathologies multiples et irréversibles. Leur souffrance mérite d’être reconnue et entendue.

Le droit à l’aide à mourir, s’il doit être instauré en France, ne peut ignorer ces situations. Il doit offrir une réponse humaine, digne et encadrée, à toutes les souffrances, et non uniquement à celles qui correspondent à des critères médicaux trop restrictifs.

Car accompagner, c’est aussi respecter la volonté éclairée de ceux qui, face à une vie devenue insupportable, souhaitent pouvoir choisir une fin conforme à leur dignité.

Ajout postérieur : le texte a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 27 mai.