Coopération et souveraineté : regards croisés France–Suisse à Zurich

J’ai eu le grand plaisir de participer, le 16 septembre à Zurich, à une conférence-débat organisée par l’Asage – Association suisse des alumni des Grandes Écoles sur le thème « Regards croisés France – Suisse, dans un monde et une économie en mutation ».

Aux côtés de Nicholas Niggli, diplomate suisse reconnu pour son expertise en gouvernance internationale et en diplomatie économique, nous avons échangé sur les grands défis contemporains : l’équilibre institutionnel entre centralisation et fédéralisme, la transformation numérique, la résilience face aux crises et bien sûr, le climat.

Défendre nos valeurs en Europe

Dans mon intervention, j’ai rappelé combien il est crucial de continuer à coopérer en Europe pour défendre notre souveraineté, en particulier dans des domaines stratégiques comme le numérique, le commerce international ou encore la transition énergétique. J’ai souligné que, face à la montée des tensions géopolitiques et au recul du multilatéralisme, nous ne pouvons pas nous résigner à voir s’imposer la loi du plus fort.

Notre responsabilité collective est de faire vivre un système international fondé sur le droit et guidé par nos valeurs : l’éthique, la démocratie et le respect des droits fondamentaux. L’Europe, et la France en son sein, doivent être des forces motrices de cette nouvelle gouvernance internationale, capables de conjuguer puissance économique et responsabilité politique.

Souveraineté technologique et numérique

Nous avons également abordé la question de la technologie, un sujet décisif pour l’avenir de nos sociétés. J’ai insisté sur la nécessité pour l’Europe de construire une véritable souveraineté numérique, capable de rivaliser avec les États-Unis et la Chine.

Cela suppose de :

intégrer pleinement le marché européen du numérique, pour donner aux entreprises la taille critique face à nos concurrents,

soutenir plus fortement le financement des sociétés innovantes, afin qu’elles puissent grandir et se projeter à l’international,

• et travailler à retenir nos talents, pour que les initiatives européennes deviennent de véritables leaders mondiaux et non de futures acquisitions américaines ou chinoises.

L’enjeu est clair : si nous voulons que l’Europe reste un acteur crédible sur la scène internationale, elle doit investir à la hauteur de ses ambitions et croire en sa capacité à bâtir ses propres champions technologiques.

Une soirée riche en échanges

Le public, composé de membres de l’Asage ainsi que de nombreux Français et francophones de la région zurichoise et de Suisse alémanique, a contribué à la richesse du débat avec des questions de haut niveau, prolongeant nos échanges dans une atmosphère conviviale et stimulante.

Je tiens à remercier chaleureusement Julien Jarmoszko, qui a animé la discussion avec beaucoup de finesse, ainsi que Daphné de Charrin et Hedwige Labrousse, directrices du bureau de Zurich de l’Asage, pour l’organisation irréprochable de cette soirée.

Participer à cet événement a été pour moi à la fois un honneur et un moment d’enrichissement personnel. Ces échanges renforcent ma conviction qu’il est essentiel, pour les Français établis en Suisse et au Liechtenstein, de contribuer activement à la réflexion collective sur l’avenir de nos sociétés.